Le PERP

Qu’est-ce qu’un PERP ?


Un PERP (Plan d’Epargne Retraite Populaire) est un programme individuel de retraite par capitalisation. L’épargnant verse des sommes, plafonnées à 10% de ses revenus imposables chaque année.

Ces sommes sont intégralement déductibles de l’impôt sur le revenu et ne sont pas concernées par le plafonnement des niches fiscales.
L’épargne cumulée est exclusivement destinée à obtenir une rente au moment de la retraite. Elle n’est donc pas récupérable, et ne sert qu’à calculer le montant de la rente qui sera servie.

A l’âge de la retraite, c’est-à-dire au moment où l’épargnant peut justifier du déclenchement de ses droits à une pension de retraite :
-          Il pourra récupérer 20% maximum de son PERP sous forme de capital
-          Sa rente sera mise en place, et lui sera versée jusqu’à son décès

Faut-il investir sur un PERP ?

photo PERP


​Avant de savoir si un PERP est avantageux, il convient d’en comprendre le fonctionnement, la fiscalité, puis de le comparer à d’autres formes de placements similaires pour identifier s’il en ressort une valeur ajoutée.

Prenons l’exemple d’une personne de 40 ans dont les revenus imposables représentent 100.000 €, et qui envisage d’investir 10.000 € par an sur un PERP (10% maximum du revenu), dans le but de percevoir des revenus complémentaires lors de sa retraite.

Phase d'investissement

- Age de l’épargnant : 40 ans
- Montants versés chaque année : 10.000 €
- Son taux marginal d’imposition (taux qui s’applique sur chaque euro supplémentaire perçu) est de 30%.


Il économisera donc 30% de 10.000 € = 3.000 € par an d’impôts. A vérifier toutefois qu’en ôtant 10.000 € à ses revenus, son taux marginal d’imposition soit bien toujours de 30%.

Concrètement, il investira chaque année 10.000 €, économisera 3.000 € d’impôts chaque année. Il aura au final « sorti » 7.000 € par an jusqu’à 65 ans, l’âge de sa retraite.

Pendant toute cette période de capitalisation, la valeur du PERP s’accumule, génère des intérêts que nous estimons à 3% par an.

Il faut savoir que la répartition d’un PERP est strictement encadrée par la Loi. A titre d’exemple, 10 ans avant la date de la retraite le PERP doit être investi au minimum à 65% en fonds €. Les fonds en € offrent une garantie du capital à tout moment, en contrepartie le rendement à attendre au cours des années qui viennent ne devrait pas dépasser 2,50%. Un rendement moyen de 3% semble donc être le plus raisonnable.

A la veille de ses 65 ans, l’épargnant aura versé au total 175.000 €. La valeur de son PERP quant à elle représentera 364.592 €. Cette somme correspond à l’accumulation des 10.000 € investis chaque année, augmentés des intérêts (3% par an).

Valeur de son PERP à la veille de ses 65 ans : 364.592 €

Situation à l’âge de la retraite

A 65 ans, il aura la possibilité de récupérer 20% de la valeur de son PERP sous forme de capital. Il s’agit d’une disposition permise par le dispositif PERP. Cette somme sera soumise à une taxe forfaitaire de 7,50% + 7,40% de « CSG spécifique PERP », soit 14,90%. Attention : ce taux ne porte pas sur les intérêts mais bien sur le capital.

Capital NET récupéré à 65 ans : 62.053 €

Phase de rente

La somme présente sur le PERP après ce retrait est transformée en rente.

Le taux de rente ne peut pas être connu à l’avance. Il est fonction de la table de mortalité utilisée par l’établissement financier qui gère le PERP, des frais d’arrérage et d’autres paramètres relativement opaques. Il faut donc croiser les doigts pour que la banque ou la compagnie d’assurance concernée soit compétitive en ce domaine.

Taux de rente servi à 65 ans : 3,19% (taux appliqué aujourd’hui par un assureur compétitif).

Rente annuelle versée l’année des 65 ans : (364.592 € - 20% retirés en capital) x 3,19% = 9.304 €

Cette rente est soumise à l’impôt sur le revenu après une déduction forfaitaire de 10%. Etant à la retraite, l’épargnant disposera de revenus plus faibles qu’au cours de sa vie active. Nous prendrons pour hypothèse qu’il se situe dans la tranche inférieure à celle de 30%, soit 14%. A cela s’ajoute la « CSG spécifique PERP » de 7,40%.

En tenant compte de la fiscalité, sa rente NETTE versée l’année de ses 65 ans sera alors de 7.512 €.

Rente NETTE annuelle à 65 ans : 7.512 €

Revalorisation de la rente

Au cours des années suivantes, la rente augmentera d’un « taux de revalorisation ». Son mode de calcul reste, lui aussi, assez opaque. La plupart des assureurs le prennent en compte à hauteur de 3,50% par an. Ce taux semble très élevé au regard des taux d’obligations d’Etat, et un taux de revalorisation de 2% semble plus raisonnable.

La projection que nous faisons est que l’épargnant verra sa rente revalorisée de 2% par an :

rente issue d'un PERP


La rente cessera d’être versée le jour du décès de l’épargnant.

Des options de poursuite de la rente existent : annuités garanties, rente réversible, etc. D’après l’analyse approfondie faite sur l’impact de ces garanties il en ressort que son coût permet de récupérer environ 80% de la valeur résiduelle du PERP (valeur du PERP diminuée des rentes servies).
 
Voici la modélisation de l’ensemble des informations détaillées ci-dessus :

Modélisation d'un PERP


Nous constatons sur ce graphique que si l’épargnant décède avant 77 ans, il n’aura pas récupéré les sommes qu’il aura initialement engagées.
 
La conclusion de cette analyse est que son gain financier serait l’addition de toutes les rentes qu’il percevrait entre ses 77 ans et l’âge de son décès.
Si sa tranche d’imposition avait été de 41% au lieu de 30%, son point d’équilibre se situerait à 76 ans. Si à l’inverse il se situait dans une tranche plus basse (14%), il serait « gagnant » uniquement à partir de 81 ans.


Voici comment déterminer sa tranche d’imposition :

tranches d'imposition

Comparaison du PERP avec l’assurance vie


Le point d’équilibre à 77 ans détaillé ci-dessus illustre l’âge à partir duquel l’épargnant ne perdrait pas d’argent, sans tenir compte du fait qu’il aurait pu placer son épargne autrement entre-temps.

Analysons l’évolution de son épargne s’il avait investi en assurance vie.

Il disposerait toujours de 10.000 €, se situerait toujours dans une tranche d’imposition à 30%.
Cette fois-ci, au lieu de déduire fiscalement son investissement annuel, il accepterait de « subir » la charge de l’impôt.
10.000 € diminués de l’imposition à hauteur de 30% = 7.000 € d’épargne annuelle disponible.

Contrairement au PERP où 7.000 € versés permettraient d’avoir 10.000 € d’investis grâce à l’économie d’impôts, ici 7.000 € versés représenteraient bien 7.000 € investis.
 
Phase d’investissement

Ces 7.000 € versés chaque année sur un contrat d’assurance vie s’accumuleraient et produiraient des intérêts. Afin d’effectuer une comparaison sur des bases identiques, nous prendrons le même taux d’intérêt que celui du PERP, c’est-à-dire 3% par an.

A l’issue de la première année, l’épargnant aura dépensé 7.000 € et la valeur présente sur son contrat d’assurance vie représenterait 7.000 €, diminués des droits d’entrée sur le contrat (2% par exemple), augmenté des intérêts. Et contrairement au PERP l’épargne en assurance vie est bien disponible à tout moment.

Sa situation NETTE sera alors de + 66 € en fin de première année.

Les années suivantes, cette même opération se renouvellerait et les intérêts s’accumuleraient :

assurance vie phase d'investissement


A 55 ans par exemple, l’épargnant aura versé 112.000 € au total, la valeur de son contrat d’assurance vie représenterait 138.597 €. Il serait bien en positif de 26.597 €.
S’il avait investi sur un PERP, à ce même âge il aurait cumulé 112.000 € de versements et son « disponible » serait concrètement de zéro. Il serait donc à – 112.000 €.



A l’âge de la retraite

Les rentes issues d’un PERP peuvent être mises en place après avoir fourni la preuve du déclenchement des droits à une pension de retraite. Le contrat d’assurance vie quant à lui offre plus de souplesse puisque chacun peut décider librement et à tout moment de retirer tout ou partie du capital.

Afin d’obtenir un comparatif sur des bases similaires, nous prendrons pour hypothèse :

- Que l’épargnant mette en place ses rachats programmés (retraits réguliers du contrat d’assurance vie sous forme de virement automatique) à partir de 65 ans,
- Qu’il retire le même montant net que celui de sa rente issue du PERP.

A 65 ans, il effectuerait des rachats programmés (mensuels, trimestriels ou annuels) de son contrat d’assurance vie.

Sa situation nette serait déterminée ainsi :

- Il aura toujours « dépensé » au total 175.000 € au total, correspondant au cumul des versements de 7.000 € par an réalisés jusqu’à la veille de ses 65 ans.
- Il recevrait la somme de 7.591 € nette de fiscalité, sous forme de retrait automatique de son contrat d’assurance vie. Ce montant est similaire à celui qu’il aurait perçu sous forme de rente dans le cadre d’un PERP.
- La valeur de son contrat d’assurance vie serait diminuée du retrait effectué, de la fiscalité, et représenterait 250.081 €.

 
L’année de ses 65 ans, sa situation nette serait alors de : 250.081 € - 175.000 € + 7591 € = 82.673 €

L’année suivante, un nouveau retrait serait réalisé pour un montant légèrement supérieur (afin d’obtenir un montant toujours similaire à celui de la rente du PERP qui aurait été revalorisée année après année).

La situation serait la suivante :

assurance vie phase de rente


Voici la projection des résultats :

comparatif PERP et assurance vie


Le PERP devient « rentable » à partir de 77 ans.

Le PERP devient plus intéressant qu’un investissement en assurance vie à partir d’une longévité supérieure à 97 ans.

Notons toutefois que les revenus issus de l’assurance vie ne sont pas versés à vie : ils le sont jusqu’à ce que le contrat d’assurance vie soit totalement « consommé » par ces retraits. Dans la situation étudiée, ils cesseraient à 101 ans. Si la rentabilité du contrat d’assurance vie était plus faible, 2% par exemple, le contrat serait totalement consommé à 92 ans.
 
Conclusion :

- Si vous êtes dans une tranche d’imposition à 14%, le PERP ne présente aucun intérêt

- Si vous êtes dans une tranche d’imposition à 30% ou supérieure, deux cas de figure se présentent :

› Si vous pensez pouvoir obtenir un rendement moyen annuel de 3% ou supérieur, privilégiez l’assurance vie

› Si vous estimez que votre contrat d’assurance vie ne dépassera pas 2% par an, le PERP serait plus avantageux.
Dans ce contexte, notre conseil est de faire appel à un cabinet de conseil en gestion de patrimoine compétent qui vous accompagnera dans vos choix d’investissements. Contactez-nous pour obtenir une proposition.


- Si vous avez déjà constitué un capital significatif, privilégiez les variable annuities qui offrent la solution la plus adaptée à la mise en place de revenus pour la retraite : revenus garantis à vie, disponibilité de l’épargne à tout moment et transmission à vos proches dans le cadre fiscal avantageux de l’assurance vie.

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